Une nappe perchée dans les sablières du fleuve Hérault à Gignac
Une zone humide en bordure du fleuve Hérault... qui n'est pas alimentée par le fleuve !
Département
Elévation
Mots clés
La zone d’étude se situe dans les alluvions du fleuve Hérault, à proximité de la commune de Gignac et de Pouzols, plus au sud.
Dans cette zone, on observe des zones humides qui ont été obtenues, pour la plupart, en lien avec l’activité de sablière faisant apparaître la nappe phréatique. La mise en place de ces zones humides favorise une flore et une faune particulières.
Ces terrains sont très bouleversés, très anthropisés, avec des étangs artificiels qui se sont formés à la suite de la fin d’exploitation de certaines zones des sablières.
L’observation des zones humides, à proximité du fleuve Hérault, semble être l’émergence de la limite supérieure de la nappe phréatique en relation avec l’écoulement du fleuve proche. Or, en s’approchant des rives, on constate que le Fleuve est plus en profondeur, autour de 7 à 8 m plus bas que le niveau des marres, étang des sablières.
Il y a donc un problème, les lacs, les étangs des sablières ne devraient pas apparaître s’ils dépendent de l’aquifère du fleuve Hérault.
La coupe et l’étude du socle miocène marneux M1a repérable à l’affleurement proche de la rive de l’Hérault, permet d’en déduire que les alluvions Fy de moyenne terrasse reposent sur cette couche de roche imperméable. Ces alluvions de moyenne terrasse reposant sur ce socle imperméable servent de réservoir / aquifère aux eaux de ruissellement du bassin versant à l’est de l’Hérault et de la route D32. Ainsi, l’exploitation des sables et des graviers dans cette zone a permis l’émergence de lacs, étangs mettant en évidence la présence d’une nappe perchée.

Le territoire d’étude couvert par la feuille de Lodève se situe au carrefour de quatre grandes régions naturelles : les garrigues Nord Montpelliéraines à l’Est, les grands Causses au Nord, la montagne Noire à l’Ouest et la plaine de l’Hérault au Sud.
Sur le plan géologique, cette coupure présente un intérêt exceptionnel du fait de l’étendue de la série stratigraphique exposée et de l’extrême variété des ensembles géologiques représentés : • le socle paléozoïque de l’axe Cévennes – montagne Noire, • le bassin permien du Lodévois, • la couverture mésozoïque des Causses, • les plis pyrénéens du Languedoc, • le bassin oligocène de l’Hérault et son golfe néogène, • les coulées volcaniques de l’Escandorgue, • la faille des Cévennes, accident majeur du Languedoc.
Au niveau de la zone d’étude, les formations géologiques sont liées à la proximité du lit de l’Hérault. Il s’agit de :
• Alluvions de moyenne terrasse (Fy) : sables et graviers formant une terrasse principale 10 à 20 mètres au-dessus du lit majeur de l’Hérault. Les sols établis sur ces terrasses sont relativement évolués, du type faiblement fersiallitique à réservoir calciques.
• Alluvions récentes et actuelles de lit majeur et basse terrasse (Fz) : de nature diverse suivant le cours d’eau qui les a déposées et la situation le long de son profil, les alluvions récentes sont assez peu développées dans cette zone de transition entre le littoral et les plateaux. Les alluvions de l’Hérault sont de type sablo limoneux avec chenaux de graviers et galets souvent repris par des alluvions anciennes.




Texte et Photos Patrice Cazes
L’origine de l’alimentation de l’aquifère des nappes perchées et des étangs :
Une étude prospective de la mise en protection des zones humides locales met en évidence une alimentation de cet aquifère avec des eaux de ruissellement mais aussi par les fuites du canal le Rhonel à l’est de la zone d’étude et après la route D32.
Se pose la question des interactions humaines et d’un environnement très transformé mais qui accueille aussi des espèces endémiques rares.



