L'écaille du Treh

Auteur : Roger CHALOT - Philippe MARTIN - Didier ZANY

L'écaille du Treh dans les Vosges du Sud, est une étroite écaille tectonique de gneiss et péridotites, identifiée dès 1928 par Jung, pincée au sein de séries sédimentaires. Elle constitue un des sites de la Ligne des Klippes.
Diverses roches affleurent à cet endroit dans un secteur restreint : gneiss, péridotites serpentinisées, sédiments pélitiques marins, grauwackes,  microgranite.
Les gneiss précambriens appartiennent à la croûte continentale profonde qui formait le substratum des séries sédimentaires. Les schistes du Dévonien supérieur sont les témoins d’une sédimentation marine argileuse dans un bassin profond. Les schistes et grauwackes du Viséen correspondent à des turbidites, déposées dans un bassin marin en bordure d’une chaîne en surrection.
Les péridotites serpentinisés du Treh sont considérées comme une relique ophiolitique, témoin de l'expansion d'un fond océanique d'un ancien bassin d'arrière-arc mis en place vers la fin du Dévonien dans un contexte tectonique de convergence pré-collision.
Les plissements et la schistosité observés dans les roches sédimentaires traduisent un raccourcissement de la zone, qui commence dès le début du Viséen et conduit à la fermeture du bassin d'arrière-arc. A un stade plus avancé, il se produit un décollement de ces roches sédimentaires de leur socle, leur charriage du nord vers le sud et l'obduction du plancher du bassin. Ce mouvement de convergence conduit à la fermeture de la Paléotéthys.